Fuir, partir, loin...j'étouffe ici... j'ai peur ici... enfermé dans ma solitude, je n'ai rien vus, rien compris...
Deux mois après mon 17eme anniversaire, je vivais encore chez ma mère en Floride, mère avec laquelle, je ne suis pas très proche, elle m'aime, du moins j'imagine, mais nous ne passons que très peu de temps ensemble, nous ne nous ressemblons que trop peu, une introvertie et une extravertie...Nous ne sommes que de parfait contraires, de parfait opposés. Elle avait quitté mon père lorsque j'étais très jeune, avait ensuite vécue une longue période de célibat très mouvementé, je ne me souviens pas du nombre d'hommes que j'avais croisé sortant de sa chambre le matin, moi, tranquillement attablé devant mon bol de céréales et eux, qui à chaque fois tenter de traversé rapidement la pièce, fuyant un mystérieux danger... en les voyant, je me contentais de sourire, à présent je comprends que dans ce genre de situations, croisé les enfants est à éviter. Cette phase m'avait parut amusante à l'époque. Depuis quelques années maintenant, elle s'était remarié avec un certain Phil, joueur de baseball de seconde zone dans une équipe dont le nom m'importe peu. S'il n'était pas méchant, il ne fut pas gentil non plus. Elle passait tout son temps avec son nouveau mari, de dix ans son cadet et se comporté depuis comme une adolescente à ses cotés, il lui arrivait de disparaitre plusieurs jours avec lui sans même prendre la peine de me prévenir, en fait depuis qu'elle l'avait rencontré, lui seul comptait, elle le suivais dans tout ses déplacements professionnelles et je n'en étais pas mécontente, ma mère ayant une vision assez particulière de notre relation, elle se percevait plus comme une grande s½ur ou une amie que comme une mère, me gratifiant de certains récits intimes, m'encourageant à me « décoincé », j'étais trop sérieuse selon elle, trop mûre, je ne prenais même pas la peine de lui répondre lorsqu'elle me disait ça, tant j'étais déçu qu'elle ne comprenne pas pourquoi j'avais grandi si vite, il fallait bien que quelqu'un joue ce rôle, la date de paiement des factures, sortir les poubelles, faire le ménage ou simplement le diner, toutes ces choses étaient hors de porter pour ma mère. Avec le temps, elle avait fini par se contenté de me donné de l'argent, et on ne se croisé plus que trois ou quatre fois par mois. Elle me savait autonome, elle me laissé donc vivre ma vie sans s'en inquiété.
J'avais également eu un petit ami à Phoenix, si toutefois ce terme convient car je dois bien avouer que j'avais simplement fini par céder et sortir avec lui plus par pitié que par envi car au bout de trois mois de déclarations en tout genres, j'avais été lâche devant ses larmes et j'avais fini par accepter de le voir régulièrement pendant un mois. J'avais cependant été très clair, je ne lui garantissais rien, si ce n'est de passer un peu de temps avec lui. Il m'avait donc... jusqu'au début du mois de décembre.
Et je fus soulager lorsque ce mois toucha à sa fin...
- Ce soir tu viens à la maison? Me dit-il, devant le lycée
- Peter, tu m'as demandé un mois pour me faire changer d'avis te concernant et ce n'est pas le cas, le délais expire dans deux jours, alors rends toi service et restons en là maintenant.
- Justement! il reste deux jours et je veux en profiter...insista t-il
- Je ne sais vraiment plus quoi te dire Peter! Soufflais-je exaspéré, je ne veux pas te faire de peine mais je n'ai même pas envie de t'embrassai et cela ne va pas changer en deux jours!
- S'il te plait, tiens ta promesse, il me reste un peu de temps.
- Ok, comme tu veux!! Finis-je par dire résigné, je vais passer, mais je ne resterais pas longtemps, je viendrais vers 8h.
- A tout à l'heure alors! m'avait-il répondu tout sourire
- Oui... c'est ça!
Je n'en pouvais plus, le jour ou il s'était mis a pleurer devant moi m'implorant de lui laissé un mois, un mois où je n'aurais aucune obligation si ce n'est de le voir de temps en temps, je n'avais pas réussi a refusé, et maintenant que ce mois touché à sa fin, j'en étais soulagé mais j'avais d'autant plus de peine pour lui, tant pis... je lui donnerais cette soirée et puis stop.
Je rentrais chez moi pour faire mes devoirs, comme d'habitude, ma mère était je ne sais où avec Phil, il pouvait se passer une semaine entière sans que j'ai de nouvelles d'elle, maintenant j'avais largement dépassé le stade de l'inquiétude.
20h... j'entrepris de prendre une douche et comme toujours, je choisissais les vêtements les plus banales possibles, c'était préférable quand j'allais voir Peter ... un peu plus tard, je me retrouvé donc devant sa porte à attendre qu'il vienne ouvrir...
- Viens, entre... dit-il, plein d'entrain
- Merci, répondis-je timidement, à contre c½ur
- Mes parents ne sont pas là ce soir, m'informa t-il
- C'est ce que je vois! comme je te l'ai dit, je ne reste pas longtemps
Surtout que j'avais remarqué qu'il n'était pas vraiment dans son état normal
- Je sais, mais ce soir on fête ma déception amoureuse! Cria t-il joyeusement
- Peter, je t'avais prévenu, s'il te plait, ne me culpabilise pas!
- Nan, t'inquiète, tu veux un verre?
- Heu... un coca s'il te plait...
- Ok, ma belle, te ramène ça! Fit-il en me souriant
Il me ramena mon verre et à la première gorgé, je me rendis compte qu'il n'y avait pas que du coca dans ce verre...
- PETER C'EST QUOI? Hurlais-je!!!
- Juste un peu de rhum, t'es plus une gamine!! aller c'est la fête ce soir! Se défendit-il
- Je n'aime pas l'alcool, ni ton attitude, je pense que je ferais mieux de partir...
- Nan, nan, excuse moi, reste une heure avec moi comme prévu...je t'en pris! M'implora t-il
- Ok mais arrête ça tu veux?? et arrête de boire!
- Ho t'inquiète je supporte bien...
Supporte bien!!! Là il se fichait de moi, il avait l'air plus pathétique que d'habitude et je ne pensé pas cela possible!
Il décida de monté le son de la musique, un peu trop fort à mon gout d'ailleurs, moi j'étais toujours assise à me demandé si partir n'était pas la meilleurs chose à faire, je commençais à m'en vouloir d'avoir laissé la situation aller si loin , il devenais vraiment bizarre.
Il vain s'assoir à mes côtés et sans prévenir, s'affala sur moi
- Peter, relève toi! Lui ordonnais-je
- Aller, tu peux bien me faire un petit cadeau d'adieu...me dit-il en riant
A peine avait-il fini sa phrase, qu'il m'embrassa de force, j'avais beau le repoussé, hurlé, le supplié, lui, continuait à rire, il souleva mon pull et commença a me toucher les seins sans ménagement, et il me faisait vraiment mal. La peur commençait à m'envahir, avait-il prévu cela depuis le début? Me violé c'est ce qu'il voulait vraiment faire? Était ce là toute l'étendue de son amour?? Ne s'agissait-il que de couché avec moi? Avec l'aide de l'alcool si nécessaire?? A présent la peur fit place à la colère, une sorte de haine intense, de la rage, il me rendait malade...et je ne sais comment, il fut brutalement projeté contre le mur... je me redressais pour voir à mon grand étonnement que ses pieds ne touchaient plus le sol... à peine avais-je pris conscience de cela qu'il retomba comme une masse par terre, ne manquant pas de se cogné la tête contre la table basse, il saignait, je profitais de son étourdissement pour prendre mes jambes à mon cou. Je courus jusqu'à la porte et je rentrais chez moi aussi vite que possible.
Arriver chez moi, je ne cessé toujours pas de trembler, mais que s'était-il passer? Je n'y comprenais rien, avais-je rêvé? S'était-il lui aussi rendu compte de l'étrangeté de la situation? Avais-je fait ça? Et si oui comment? Que ce passerait-il de retour au lycée? Autant de question qui me ramenées toujours vers la même réponse...il me fallait fuir, partir, j'étouffai ici, j'avais peur ici... seule dans cette maison, seule, sans personne vers qui me tournais... Je m'étais tellement cloisonné l'esprit, prisonnière de ma bulle... à tel point que je ne comprenais plus rien au comportement des gens... je ne voyais plus rien, plus rien d'autre que ma souffrance et ce, depuis plus de deux ans... ce qui venait de se passer, je ne pouvais le supporté, je devais partir, je ne pouvait plus, non je ne voulais plus me retrouvé devant lui, ce garçon que je pensais timide, fragile mais gentil avait essayer de me violé, il m'avait trahi et si cette chose étrange n'était pas arriver, il aurait certainement obtenu ce qu'il voulait.
J'essayais de comprendre ce que je ressentais à cet instant, de la peur, j'en avais mal au ventre, de la colère aussi, cependant beaucoup moins intense que tout à l'heure... mais je n'arrivais pas a mettre le doigts sur...sur...qu'est-ce que c'est déjà?? De la culpabilité? Oui, je me sentais coupable, jamais je n'aurais dû accepter son arrangement.. De plus, je l'avais blessé. Aurais-je pus le tué? Quand je l'avais quitter il saigné, beaucoup même, avait-il réussi à se relevé? Une tout autre peur envahi alors mon esprit et si je lui avait vraiment fait du mal? Peut-être avait-il une grave commotion? J'avais beau haïr ce garçon, imaginer avoir la mort de quelqu'un sur la conscience me rendais malade, quelque chose d'aussi... définitif, je ne pourrais jamais vivre avec cela! Il fallait que je parte, j'en avais un besoin vitale, mais où?? Sachant que je ne pouvais pas compter sur ma mère, que me restait-il? Je méditais cela quelques secondes...mon père!! Cela faisait maintenant plus de deux ans que je ne l'avais pas vus, mais ne sachant que faire. Je me décidais et attrapa le combiné.
- Papa? Dis-je timidement...
- Bella, c'est toi ma fille? Dit donc, ça fait longtemps que tu ne m'a pas téléphoné! Me dit-il monotone
- Papa, est-ce que je peux venir chez toi?
- Maintenant? S'exclama t-il, mais t'es en pleine année scolaire Bella, que ce passe t-il? Tu t'es disputé avec ta mère?
- Non, rien à voir, j'ai...j'ai besoin de te voir, ne me demande pas pourquoi, mon père me manque, c'est tout, alors s'il te plait accueille moi pour le reste de l'année, je t'en supplie!
- Tu sais bien que rien ne me ferais plus plaisir Bella, mais je veux savoir pourquoi!
- Appelle ça une crise d'adolescence, je veux te voir!
- J'imagine que ta mère n'est pas là?
- Non, ça fait trois jours qu'elle n'est pas rentrer... je vais prendre le prochain vol, toi essaye de lui téléphoner si tu veux, je pense qu'il y a un vol dans deux heures si mes souvenirs sont bons, je vais faire ma valise...
- Tu ne préfère pas attendre demain matin?? Pourquoi es tu si pressé??
- Je t'en pris...suppliais-je
- Très bien Bella...on fait comme ça, rappelle moi si tu ne trouve pas de vol
- Ok mais ça doit être bon, les horaires n'ont pas dû changer à ce point... en deux ans... je t'appelle si c'est le cas...
- A tout à l'heure, alors!
Je raccrochais, me disant que c'était plutôt fort de ma part de lui avoir faire croire à une crise d'adolescence, surtout que ce n'est pas du tout dans mon caractère, mais pas question de raconter ma mésaventure avec Peter à qui que ce soit, encore moins à un père chérif... je montais donc en quatrième vitesse faire ma valise et entrepris d'écrire un mot à ma mère tout en sachant que cela n'était pas vraiment nécessaire. En navigant sur internet, j'étais heureuse de me rendre compte qu'il y avait bien un vol mais... dans moins d'une heure maintenant, j'attrapais ma valise, mon sac et mes clés et me dirigea vers ma voiture.
Je me garais devant l'aéroport, il me restais 15 min avant le départ...
Enfin dans l'avion, je laissais toute cette mauvaise histoire derrière moi, mon père avait vraiment du être surprit, moi à Forks! Après deux ans d'absence... je n'avais jamais aimer cette ville, elle m'ennuyait, et ce, même si j'étais moi même ennuyeuse...avant... je passais quelques semaines là bas chaque année...mais ça c'était avant....
Je finis par m'endormir, mais alors qu'il me semblais n'avoir sombré que quelques minutes, une voix se fit entendre, annonçant notre arriver à Seattle. Après avoir parcouru les couloirs, je l'aperçus, mon père m'attendait là, devant la porte de débarquement, je lui fis signe de la main, il s'approcha, me pris par les épaules, me regarda longuement, et me serra dans ses bras.



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